Raveneau vaut d'être mentionné pour son récit détaillé de ses aventures dans les mers du Sud avec les Capitaines Picard, Grogniet, Rose, Coxon et Sharp. Au cours des 4 années qu'a duré son aventure, il a toujours transporté avec lui plume et crayon pour rédiger un des rares témoignages de première main sur les flibustiers. Il faut pas l'imaginer en « observateur » passif des actions des flibustiers. De Lussan est un vrai flibutier. Évidemment, dans ses écrits, il se donne le beau rôle et passe sous silence bien des atrocités commises par les flibustiers auxquelles il a participé. Puis, s'il affirme traiter humainement les espagnols qu'on rançonne, il n'hésite pas à couper la tête de 4 prisonniers pour venger la mort de quelques flibustiers. Aussi, quand il raconte avoir rit un grand coup... C'est de voir pendre les tripes d'un singe blessé à la chasse, les flibustiers s'amusant beaucoup qu'il s'obstine à se remettre les intestins dans le ventre ! Ce n'est pas le genre d'humour qui fait fureur durant un souper de famille... (Enfin, pas dans toutes les familles!)
Mis à part son témoignage, Raveneau n'a rien d'exceptionnel. Un bon nombre petits nobliaux , de cadets de famille ou de nobles ruinés sont devenus aventuriers aux Antilles. Le Chevalier de Grammont, par exemple, une des figures dominante de la flibuste à partir de 1680. Pour beaucoup, obtenir un poste d'officier du Roi est pour beaucoup de nobles un moyen de recouvrer une fortune dilapidée, mais chercher fortune aux Antilles plait mieux aux esprits rebelles, aux éprit de liberté, aux réfractaires à l'autorité.
Raveneau de Lussan est le fils d'un notaire et reçoit une éducation particulièrement soignée pour l'époque. Malgré une adolescence agitée et marquée par une forte attirance pour la vie militaire. À l’âge de treize ans , il participe au siège de Condé comme valet dans le régiment de la marine. La guerre n'assagit pas son tempérament et il est chassé de son régiment pour des dettes de jeu. C'est à ce moment que Lussan décide de tenter sa chance dans les « Indes Occidentales ». Il s'embarqué à Dieppe le 5 mars 1679 pour St.-Domingue, où il obtient la protection de M. de Franquesnay, lieutenant du roi à la Tortue. D'abord simple marin sous Laurent de Graaf , il monte en grade sous Michel Andrieszoon et Jean Rose, qui partent avec 87 hommes rôder dans la région de Carthagène.
Deux mois plus tard, Raveneau se joint à une bande de Français et d’Anglais décidés à tenter l’aventure à la mer du Sud, (l'océan Pacifique). Les flibustiers rêvent de piller ces régions qui leur ont échappé jusqu'à présent. L'aventure dure des années sans rapporter de grand butin... Et on rate de peu la flotte rapportant une fois l'an l'or du Pérou à Panama ! Pour revenir dans les Antilles, il faut traverser l'isthme de Panama. En chemin, Raveneau et un groupe de 300 flibustiers doivent combattre une force Espagnole très supérieure en nombre. Après quoi, les flibustiers n'ont plus qu'à se méfier d'eux-mêmes. Craignant se faire tuer et voler, il propose à plusieurs qui n'ont plus rien de transporter une part de son propre butin. En remerciement de leur aide, il donnera à chacun la moitié de ce qu'il aura transporté. Une manière subtile de se payer de fidèles gardes du corps !
De retour en France, Raveneau publia son récit et vendit des informations au ministre de la Marine du Roi. Comme quoi, un flibustier ne dédaigne pas les petits profits! On sait aussi qu'il retourne finir ces jours dans à Petit-Goave sous la protection du gouverneur. Nous ne savons pas comment il est mort, mais il n'a pas du s'ennuyer puisqu'à cette époque Petit-Goâve était le repaire de flibustiers, succédant à La Tortue.
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