Présentation de l'éditeur
Durant " l'Age d'Or " de la piraterie, entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, des équipages composés des premiers rebelles prolétariens et des exclus de la civilisation, pillèrent les voies maritimes entre l'Europe et l'Amérique. Ils opéraient depuis des enclaves terrestres, des ports libres, des " utopies pirates " situées sur des îles ou le long des côtes, hors de portée de toute civilisation. Depuis ces mini-anarchies - des " Zones d'Autonomie Temporaire " - ils lançaient des raids si fructueux qu'ils déclenchèrent une crise impériale, en s'attaquant aux échanges britanniques avec les colonies, et en écrasant le système d'exploitation globale, d'esclavage et de colonialisme qui se développait. La société euro-américaine des XVIIe et XVIIIe siècles était celle du capitalisme en plein essor ; la fa mine et la misère côtoyaient une richesse inimaginable. L'Eglise dominait tous les aspects de l'existence et les femmes avaient peu de choix hormis l'esclavage marital. En opposition à cela, les pirates créèrent un monde qui leur était propre, où ils avaient " le choix en eux-mêmes " - un monde de solidarité et de fraternité, où ils partageaient les risques et les gains de la vie en mer, prenaient collectivement les décisions... une époque libertaire.

Biographie de l'auteur
Do or Die est un collectif de libertaires anglais qui publie la revue d'écologie radicale du même nom.
 
Commentaire de Jean Pierre Moreau
Ce petit livre expose une vision libertaire de la flibuste et de la piraterie des XVII° et débuts XVIII° siècles . Mais hélas, les données historiques et les rares témoignages de l `époque contredisent tout à fait cette vision idéalisée des choses. Ce pirate libertaire est sorti de l `imagination de Daniel Defoe pour son « History of pyrats » avec sa fameuse cité utopique Libertalia . On sait depuis qu `elle n `a jamais existé et que l `âge d `or de la piraterie qui s `est développé à la fin de la guerre de succession d `Espagne en 1713 n `est pas le résultat d `un engouement soudain pour les idées libertaires, mais de la misère qui menaçait des milliers de marins privés de ressources par la crise économique et la fin de la guerre .
Non les flibustiers-pirates ne libéraient pas les malheureux esclaves des bâteaux négriers capturés mais les revendaient . Les femmes n `avaient pas droit à un meilleur traitement . Même dans la cité « utopique » de Libertalia puisque les jeunes filles ,capturées sur un navire arabe, de retour de la Mecque, se retrouvèrent mariées de force aux pirates . Non les gains n `étaient pas équitablement partagés . Après la prise de Vera cruz l `un des chefs Van Horn toucha 24000 pièces de huit tandis qu `un flibustier de base n `en touchait que 800 , d `autres la moitié( les mousses et ceux qui particiaient à leur première campagne ) et certains rien du tout ( les esclaves ). William Kidd touchait 35 fois plus que ses hommes .C `est très marginalement, quand l `équipage était propriétaire du navire que le fonctionnement était démocratique et le chef révocable .Autrement c `est le contrat au tiers qui était en vigueur ( un tiers pour le propriétaire du navire , un tiers pour l `avictuailleur et un tiers pour les hommes ).Les grands chefs flibustiers qui restèrent suffisamment de temps en vie devinrent même des notables . Le meilleur exemple n `est-il pas Henry Morgan qui finit gouverneur adjoint de la Jamaïque .Pour une vision plus proche de la réalité se reporter à « Pirates, flibuste et piraterie dans la Caraïbe et les mers du sud 1522-1725 »de Jean-Pierre Moreau editions tallandier .
Malgré tout , une fois émises ces réserves ce « Bastions pirates » est d'une lecture facile, distrayante et l 'on peut se prendre à rêver !

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