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Les flottes de
La Trêve avec l'Espagne se termina en 1621. Aussitôt, à la suite des pression de la France et de certains princes protestants allemands, les Pays-Bas entrèrent en guerre contre l'Espagne. De la même année date la fondation de la Westindische Compagnie (ou Compagnie des Indes occidentales, qu'il ne faut pas confondre avec son homonyme français des années 1660), autorisée par les États généraux des Provinces Unies. Cette Compagnie se vit octroyer le monopole du commerce néerlandais sur les côtes occidentales de l'Afrique et les côtes orientales de l'Amérique. Elle se voulait aussi une entreprise de colonisation, dont il ne restera pas grand chose à la fin du siècle, mais surtout elle en deviendra une de guerre sur mer aux dépends des Espagnols. Une première expédition, financée modestement par la Compagnie, est montée dès 1622, à dessein d'enlever aux Espagnols les salines de Punta de Araya. Mais ceux-ci, dans le courant de l'année, y avaient érigé le fort Santiago del Arroyo et, avec l'aide d'auxiliaires indiens, ils repoussèrent les envahisseurs, qui étaient pourtant dix fois plus nombreux qu'eux. Quelques mois plus tard, en janvier 1623, les Néerlandais s'y présentèrent à nouveau et se virent encore forcés de renoncer à leur dessein.
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combat naval entre Espagnols et Hollandais
anonyme, XVIIe s.
Entre-temps, la Compagnie décida de faire la conquête du Brésil, colonie du Portugal mais en fait possession du roi d'Espagne puisque celui-ci règnait aussi à Lisbonne depuis 1580. Le commandement général de l'expédition fut confié à Jacob Willekens, avec comme vice-amiral le Hollandais Piet Heyn. Willekens et Heyn se rendirent au Brésil où ils s'emparèrent assez facilement des colonies portugaises (été 1624). Durant les années suivantes, jusqu'à la conquête de Curaçao, les nouveaux établissements néerlandais du Brésil serviront de base de départ à maintes expéditions similaires tant contre les comptoirs portugais en Afrique que contre les Espagnols, les flottes de l'or surtout, aux Antilles.
Pendant que Willekens occupait le Brésil portugais, le Zélandais Pieter Schouten, commandant une petite escadre de quatre vaisseaux montés par 200 hommes, faisait son apparition aux Antilles (printemps 1624). Croisant d'abord au large d'Hispaniola et de la Jamaïque, il se rendit au Yucatan où il pilla et brûla la petite ville de Sisal. Peu après cette prise, il gagnait La Havane d'où il fut contraint de déguerpir, en juillet, à l'approche de la flotte de la Nouvelle-Espagne, beaucoup trop forte pour lui, et d'aller se réfugier à Dry Tortuga, à l'extrême sud de
Quelques mois après le départ de Schouten, une nouvelle menace planait sur les colonies espagnoles. Il s'agissait d'une vingtaine de vaisseaux de la Compagnie des Indes occidentales, commandée par Boudewijn Hendricksz, qui se présenta devant San Juan de Porto Rico à la fin de septembre 1625. En début d'année, Hendricksz avait obtenu le commandement général du flotte envoyée au Brésil pour affronter l'amiral espagnol Fadrique de Toledo qui reprit d'ailleurs aux Néerlandais l'ancienne colonie portugaise de Bahia. Étant arrivé trop tard, Hendricksz avait expédié une partie de sa flotte vers l'Afrique tandis que lui-même prenait la route des Antilles. À Porto Rico, il débarqua environ 700 hommes mais, s'il s'empara de la ville de San Juan, il ne put réduire le fort San Juan Felipe del Morro, dont le gouverneur de l'île, Juan de Haro, avait pris le commandement avec 330 soldats et miliciens. Avant de quitter les lieux, il fit mettre le feu à la ville puis passa les semaines suivantes à rôder avec sa flotte autour de Porto Rico et d'Hispaniola avant de prendre la direction des côtes du Vénézuela.
En février 1626, Hendricksz faisait descente à l'île Margarita où il prit et rasa un fort espagnol sans pouvoir s'en prendre à
Vers le même moment, une autre grosse escadre des Provinces Unies entrait dans la mer des Caraïbes par
Textes de Raynald Laprise.