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Les Pays-Bas
Au XVe siècle, ce que l'on connaît à notre époque comme étant les Pays-Bas et la Belgique étaient constitués de comtés et de provinces dépendant nominalement du Saint Empire Romain Germanique et qui, par le jeu des alliances, en étaient venus à faire partie des vastes possessions du duc de Bourgogne. À la suite du mariage de l'héritière de la maison de Bourgogne avec le futur empereur Maximilien I, ces territoires du bord de la mer du Nord, connus alors sous le nom générique de Flandres ou de Pays-Bas, passèrent dans la maison de Habsbourg. Lorsque, quelques années avant sa mort, leur fils, l'Empereur Charles Quint, partagea ses possessions entre son frère Ferdinand et son fils Philippe (Felipe II), ce dernier en hérita en même temps que l'Espagne. Lire la suite...
Les causes de la révolte des sept provinces du nord des Pays-Bas sont nombreuses et contradictoires. Selon toute vraisemblance, la volonté du roi Felipe II de moderniser, centraliser et bureaucratiser l'administration et le gouvernement de cette partie de son empire en fut à l'origine. Le Habsbourg d'Espagne se heurta alors aux privilèges et libertés traditionnelles de la noblesse, du clergé et de
L'Hercule et la Licorne au large de Hoorn
Dès 1579, pour faire face à la menace espagnole, les sept provinces du nord (Hollande, Zélande, Utrecht, Gueldre, Overyssel, Groningue et Frise) avaient formé l'union d'Utrecht. De cette union naquit un état protestant et républicain connu officiellement sous le nom d'États généraux des Provinces Unies des Pays-Bas. La noblesse y étant fort peu nombreuse, cette union, rapidement dominée par les provinces de Hollande et de Zélande, sera en fait gouvernée par une riche et prospère classe de marchands. À la tête de chaque province, il y avait pourtant un stathouder, c'est-à-dire un «lieutenant», chargé de fonctions militaires et diplomatiques, dont la dignité se transmet, de père en fils, dans la famille des princes d'Orange (le prince d'Orange étant souvent stathouder dans cinq, même six, des sept provinces) ou dans une autre branche de la maison allemande des comtes de Nassau, et devient de fait héréditaire. Cependant, durant presque un quart de siècle, les principales provinces de l'Union (la Zélande et la Hollande) n'eurent pas de stathouder, surtout en raison de l'importance prise par les États généraux, notamment par leur principal fonctionnaire appelé «Grand Pensionnaire». L'histoire des Provinces Unies est d'ailleurs marquée par les conflits entre le stathouder et le Grand Pensionnaire, qui se termine parfois dans le sang comme le massacre des frères De Witt commandé en sous main par le prince d'Orange Guillaume III en 1672.
Les Provinces Unies sont riches en ressources et en capitaux, car l'industrie bancaire, celle du textiles et les pêcheries y sont florissantes. Toutefois elles sont pauvres en hommes et doivent faire appel aux services de mercenaires pour leurs armées. À une époque où la France avait plus de 10 millions d'habitants et l'Angleterre deux, elles devaient se contenter que d'un million d'âmes à peine. Son économie est tournée vers la mer: pêche et commerce pour la Hollande et guerre de course pour la Zélande, sa rivale au sein de l'union. Avec la paix de Westphalie (1648) qui marque la fin des hostilités avec l'Espagne, ce sera finalement le commerce qui l'emportera, les divergences de vue étant toutefois si grandes que la Zélande faillit alors faire sécession.
Si les Provinces Unies sont pauvres en soldats, elles sont riches en marins. En fait, les principales innovations en matière de navigation et de construction navale, ou du moins leur amélioration, durant tout le siècle sont à porter au crédit des Néerlandais. Leur marine de guerre nationale (celle des amirautés de Hollande et de Zélande) ou privée (celle des compagnies des Indes occidentales et orientales, qui dirigent les entreprises de colonisation en Amérique et en Asie du sud-est) est la meilleure au monde. Elle produit les Tromp, De Ruyter, Heyn et autres excellents marins, issus des rangs ou de la bourgeoisie d'affaires.
Après la fin de la guerre contre l'Espagne, ce fut contre l'Angleterre que les Provinces Unies tournèrent leur arme navale. Déjà les deux états protestants avaient eu maille à partir aux Indes, où tous deux avaient établi des comptoirs commerciaux dans les premières années du siècle. En Textes de Raynald Laprise.
par Bonaventura Peeters
1634