Partager l'article ! histoire de la flibuste 2: La France En 1648, la France est l'une des grandes bénéficiaires de la fin de la guerre de Trente ans, elle ...
La France
En 1648, la France est l'une des grandes bénéficiaires de la fin de la guerre de Trente ans, elle qui y avait beaucoup contribué d'abord indirectement par ses subsides versés à la Suède et aux autres états protestants ennemis des Habsbourg d'Autriche puis, à partir de 1635, en entrant elle-même officiellement en guerre. Outre les acquisitions territoriales qui consolident sa frontière à l'est avec l'Empire, elle est parvenue à créer un équilibre entre elle et l'Espagne avec laquelle, en dépit de la fin des hostilités partout ailleurs en Europe occidentale, elle demeure en guerre jusqu'en 1659.Lire la suite...
Ce gain est le résultat de la politique entreprise par le roi Henri IV qui vise à desserrer l'étau Habsbourg, car la maison d'Autriche règne tant à Madrid qu'à Vienne. Quoique depuis la mort de Charles Quint, il existe deux lignées distinctes, l'une occupant le trône espagnol et l'autre étant investi en Allemagne, presque par droit héréditaire, du titre prestigieux d'Empereur, une union entre elles pour affaiblir d'avantage la France était toujours à redouter, d'autant plus que les liens familiaux entre le monarque d'au-delà des Pyrénées et celui d'outre Rhin sont renforcés par de fréquents mariages entre les deux branches de
Durant la guerre, le grand artisan de cette politique anti-Habsbourg commencée sous le feu roi Henri fut le cardinal Armand-Jean du Plessis, évêque de Luçon, qui, entré au Conseil du roi (1624), en devint ensuite à partir de 1628 le principal ministre et fut créé (1631) duc de Richelieu et pair du royaume. Haï et redouté par la plupart des membres de la haute noblesse de même que par le peuple, cet habile politique sut se rendre indispensable à Louis XIII, le fils et successeur d'Henri, qui à plusieurs reprises faillit le laisser tomber; car, de son entrée en fonction comme principal ministre du Roi jusqu'à la fin de sa vie, Richelieu ne fut jamais à l'abri des complots visant à l'éliminer tant physiquement que politiquement. À son actif, Richelieu encouragea le développement de colonies en Nouvelle-France et aux Antilles par la création de compagnies de commerce. Il entreprit aussi de réorganiser la marine de l'État. Cependant, quelques années à peine après sa mort suivie de près par celle de son protecteur, entreprises coloniales et maritimes sont délaissées par le pouvoir royal et abandonnées à l'initiative des particuliers. En effet, de 1648 à 1660, la France connaît une période de troubles intérieurs, proche de la guerre civile. L'enjeu est le contrôle de la régence du royaume et accessoirement la destitution du principal ministre du roi, un autre cardinal, italien cette fois-ci, Giulio Mazarini, qui avait gagné précédemment la confiance de Richelieu puis de la reine-régente, Anne d'Autriche. Ces divers mouvements d'opposition, connus sous le nom de Frondes, vinrent tant des Parlements de Paris et des provinces que des princes de la maison royale, oncle et cousins du jeune roi Louis XIV. Premiers entre ses pairs, voilà ce que fut le roi de France jusque vers 1660. Depuis le Xe siècle, au moment où Hugues Capet obtint, par élection le trône de France, ses descendants et successeurs n'ont été en fait que cela et pas autre chose. Les grands, appartenant à de très vieilles familles et souvent aussi liées par le sang ou par alliance à la famille régnante, quand ils n'appartiennent pas à celle-ci, ont toujours joué un rôle majeur dans la conduite des affaires du royaume. En fait, ces aristocrates ont été eux-mêmes des rois, en plus petits, sur les domaines, souvent immenses qu'ils possèdaient et qu'ils agrandissaient au gré des alliances matrimoniales. Certains en vinrent même à constituer un véritable royaume dans le royaume et à menacer le roi lui-même, comme ce fut le cas de son parent le duc de Bourgogne au XVe siècle. Lorsque, à la mort de son ministre Mazarin, Louis XIV prend personnellement en main la direction du royaume, il ne fait que parachever l'oeuvre entreprise par ses père et grand-père, et par leurs ministres les plus dévoués. À la différence de ses prédécesseurs toutefois, il ne désigne pas de principal ministre, se rappelant trop les exemples de Richelieu et de Mazarin, pourtant fidèles serviteurs de l'État et du Roi mais dont la toute puissance porte ombrage tant à l'un qu'à l'autre et encourage les rebelles et les factieux. D'ailleurs Nicolas Fouquet marquis de Belle-Isle, qui est en quelque sorte le successeur de Mazarin sans en avoir le titre, en fait bientôt les frais. Sont aussi définitivement exclus du Conseil du roi, les parents de celui-ci et les membres des vieilles familles nobles, qui serviront désormais le roi uniquement à la Cour et sur les champs de bataille. Au service du roi, un ministre se distingue particulièrement, Jean-Baptiste Colbert. Issu d'une famille de grands bourgeois, il a commencé sa carrière de commis de l'État sous Richelieu et l'a poursuivi sous Mazarin qui avait une très grande confiance en lui. Jusqu'à sa mort en 1683, il sera, entre autres, en charge des finances et de la marine du royaume ainsi que du commerce et des colonies. L'oeuvre de Colbert continue celle entreprise par Richelieu et l'amplifie. Il réorganise la Marine du roi, laissée pratiquement à elle-même depuis la disparition de Richelieu. Pour recevoir les vaisseaux du roi, il fait aménager Dunkerque, Le Havre, Dieppe et Saint-Malo comme Richelieu l'avait fait avec La Rochelle et d'autres. Grâce aux efforts de Colbert, la marine de Louis XIV, au début du XVIIIe siècle, à la veille de la guerre de succession d'Espagne, sera la première en importance au monde, avec 205 vaisseaux, soit près du double de
Cette marine n'est pas seulement destinée à faire
le cardinal-duc de Richelieu
par P. de Champaigne
années 1640
Textes de Raynald Laprise.