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LA DEUXIEME VAGUE : LE XVIe SIECLE
Dès le milieu du XVIème siècle, a eu lieu une résurgence de l'activité des wakô. Il y a
plusieurs hypothèses d'explications: le commerce maritime le long des côtes chinoises restait une cible de choix, mais le développement de ce commerce avait créé des rivalités où les parties en présence n'hésitaient pas à recourir à l'emploi de troupes pirates pour s'assurer la suprématie marchande, ce qui rejoint un peu le concept des corsaires occidentaux. Surtout, au Japon, la situation de guerre civile entre les clans (c'est l'époque du Sengoku Jidai) et l'absence d'autorité centrale favorisait l'insécurité. On peut aussi voir le problème en termes de relations internationales : la Chine avait fini par interdire les relations commerciales avec le Japon. Au sud, le royaume indépendant des Ryukyu se vit aussi obligé par la Chine de stopper ses relations commerciales, avant d'être annexé au Japon en 1609 par le clan Shimazu. La piraterie restait donc le seul moyen d'accéder aux biens chinois.
 
(atakebune, navire de guerre côtier japonais au XVIe siècle)
A cette période, la composition des équipages était bien différente de ceux du XIIIème siècle : l'élément japonais était devenu souvent minoritaire, au profit de l'élément chinois. En effet, les populations pauvres du sud chinois (Fujian, Guangdong) et de l'est (Zhejiang) se retrouvaient écrasées par les taxations et le système de propriété de l'empire Ming. Rejoindre des bandes en mer était une alternative possible pour des populations déjà habituées à la pêche et la navigation côtière. Cependant, certaines provinces japonaises continuaient de fournir traditionnellement un grand nombre de pirates, telles Satsuma, Bungo, Buzen sur les côtes de Kyûshû, ou encore Izumi (prés de l'actuelle Ôsaka)...
Le destin des wakô ne concerne donc plus uniquement le Japon au XVIème siècle, mais
devient un phénomène transnational, même s'ils continuent d'opérer depuis les îles japonaises. Vers la fin du XVIeme siècle, certains flibustiers portugais rejoignirent même leurs rangs.
 
Il est souvent difficile de séparer les activités de piraterie des activités marchandes
« légales », dans la mesure où un même équipage pouvait éventuellement alterner les deux... Les flottes wakô, à l'affut des opportunités, pouvaient passer du trafic commercial à la piraterie selon la situation. A cette époque (et contrairement au XIIIème siècle) l'objectif principal était le butin et les biens commercialisables : soie, monnaie, objets d'art, etc... Certains marchands chinois avaient des interêts dans ce trafic illicite. Les pirates suivaient donc les routes de commerce et descendaient jusqu'en Asie du Sud-est, le long du Viêt-Nam et de la Thaïlande.
 
Il peut être interessant de noter que pour des raisons techniques, les pirates portaient un
équipement allégé par rapport aux combattants classiques; les protections d'armure des épaules ou des jambes, par exemple, étaient laissées de côté pour gagner en mobilité, pouvoir diriger le navire et dans l'eventualité d'avoir à nager. Il est possible que leur technique ait pu influencer la formation militaire des guerriers de leur temps, en particulier le « sui jutsu », ensemble de techniques (nageen armure, etc.) dans l'eau.
 
Finalement, il faut attendre une série de mesures prises par Hideyoshi vers 1580 pour que la piraterie s'affaiblisse réellement au Japon. Il mit en application la confiscation des armes des paysans et l'obligation de serment des daimyos (seigneurs féodaux) de ne pas se livrer à la piraterie.
Les wakô ne pouvaient donc plus avoir d'accés aux armes ni aux soutiens politiques.
D'autre part, il est amusant de noter que lors de l'invasion de la Corée par les troupes
d'Hideyoshi, les assaillants étaient également nommés « wakô », ce qui peut créer une confusion avec les pirates.
De nombreux pirates revinrent à des activités marchandes légales alors que d'autres, de la même manière que les ronins, émigrèrent et s'engagèrent comme mercenaires auprés de souverains à l'etranger, on a ainsi des exemples jusqu'en Birmanie. Par la suite, alors que la Chine incitait les Portugais à enrayer la piraterie dans ses propres eaux, le strict contrôle du Japon opéré par le shôgunat des Tokugawa mit définitivement un terme à cette activité.
 
Sources web :
- http://en.wikipedia.org/wiki/Wak%C5%8D (page Wikipedia en anglais)
– http://www.tenshukaku.de/wako.htm (en allemand)
– http://www.waoe.org/steve/french_shikoku/setonaikai.html (sur la Mer Intérieure)


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