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LA PREMIERE VAGUE : LE XIIIe SIECLE
En réalité, cette période commence au XIIIe siècle mais va s'étendre jusqu'à une bonne
partie du siècle suivant. La piraterie japonaise s'est concentré en premier sur les côtes coréennes avant de traverser la mer pour attaquer l'est de la Chine. Le premier raid pirate mentionné dans des textes apparaît en 1223 sur la côte sud du royaume coréen de Goryeo, suivi d'autres attaques quelques années plus tard. Plus que des attaques maritimes, ce sont des raids sur terre qui avaient lieu aux dépens des territoires proches des îles japonaises. Le kidnapping et le pillage étaient particulièrement fréquents.
Qui étaient les pirates à cette période? On sait que la plupart des équipages venaient de l'île de Tsushima et des provinces de Iki et Hizen. Il semble aussi avéré que dans la Mer Intérieure du Japon, les populations côtières avaient progressivement perfectionné leur technique de navigation; dans les régions pauvres, la piraterie pouvait sembler un moyen efficace de s'enrichir malgré une répression des autorités.
Justement, la piraterie finit par inquièter suffisamment le shôgunat de l'ère Kamakura pour
qu'il prenne des mesures de sécurité. Des patrouilles en mer, les Suigun, étaient menées depuis assez longtemps pour garantir la navigation des navires marchands jusqu'à la Chine des Song. Mais parfois aussi, les suigun joignaient eux-mêmes les pirates quand ils ne se livraient pas carrément à des déprédations en mer... En réponse, des flottes coréennes attaquèrent les bases arrières de pirates sur l'île de Tsushima mais cela ne supprima pas pour autant l'insécurité en mer.
 
Les pirates s'en sont également pris aux côtes chinoises. En 1302 est mentionnée la
première attaque en Chine, les raids se développant sur toute la côte orientale, en particulier le long de la province actuelle du Shandong. Les flottes engagées dans ces raids étaient parfois très importantes, plusieurs centaines de navires sont mentionnés. Les régions cibles s'étendirent au Zhejiang puis plus au sud. Les jonques japonaises, manoeuvrables, pouvaient être menées dans l'intérieur des terres en remontant les grands fleuves, en particulier le Yangtze, semant la peur parmi les populations riveraines. Plus tard, le problème finit par prendre des proportions suffisantes pour qu'à la fin du XIIIème siècle, l'empereur chinois fasse construire une série de forts côtiers formant une ligne de défense. Tout au long de cette période, la piraterie est resté un sujet de vives tensions entre l'empire chinois et les autorités japonaises de l'île de Kyûshû.
 


(bannière maritime de vaisseau de guerre, époque Muromachi)
La periode des invasions mongoles correspond à un net déclin de la piraterie. Les cibles favorites des pirates, comme le sud de la Corée, se protègeaient mieux et de son côté, l'île de Kyûshû était mieux contrôlée par le shôgun qui y stationnait des troupes.
Mais aprés les invasions mongoles, ces territoires s'affaiblirent, de même que l'emprise du shôgunat, et l'activité pirate reprit. Entre 1376 et 1385, pas moins de 174 rapports d'attaques pirates sont enregistrés dans les registres coréens, certaines expéditions se permettant même d'entrer largement dans l'intérieur des terres pour piller. Au niveau international, cependant, la diplomatie japonaise sut profiter de la fin de l'empire mongol pour progresivement reprendre des relations avec la Chine des Ming afin de lutter contre la piraterie. L'empire chinois parvint ainsi au XVeme siècle à regagner le contrôle des mers.


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