Les récits

Le 24 avril 1669, l'amiral Campo envoya à Morgan un ultimatum, exigeant une reddition sans condition. Les bâtiments des flibustiers n'étaient évidemment pas de taille à affronter en mer les trois navires de guerre espagnol. Cependant Morgan fit équiper un petit bâtiment pris à Gibraltar qu'il arma en brûlot. Une semaine plus tard, il levait l'ancre avec toute sa flotte et envoyait son brûlot vers la Magdalena, le navire-amiral espagnol. Son équipage s'apercevant trop tard de la ruse, le vaisseau espagnol s'enflamma puis, promptement abandonné par ceux qui le montaient, il explosa. Voyant cette catastrophe, l'un des capitaines de Campo échoua son navire, le San Luis, et y fit mettre le feu. Quant au dernier bâtiment de l'Armada, la Marquesa, il fut pris par les flibustiers après une belle défense de son commandant.
  
port-royal.png Port Royal (Jamaïque)
par Richard Paton, XVIIIe s.
 
Par la suite, Morgan négocia le rachat de la ville de Maracaïbo avec l'amiral Campo réfugié dans les terres avec ses hommes auprès de plusieurs habitants de la ville. À la fin du mois de mai, après avoir fait le partage d'un butin médiocre et en passant sous les canons du fort de la Barre occupé par Campo et une partie de ses hommes, il sortait du lac. En mer, sa flotte dut affronter une violente tempête qui dura quatre jours. Le temps s'étant calmé, une demie douzaine de navires de guerre furent signalés. Leurs propres bâtiments étant fort endommagés, les flibustiers ne pouvaient leur échapper; quant à livrer bataille il ne fallait même pas y penser. Cette escadre se révéla finalement avoir des intentions amicales. Elle était composée de vaisseaux de la marine royale française et commandée par le comte d'Estrées, qui assista Morgan, avant que celui-ci et les autres Anglais ne reprennassent la route de la Jamaïque et que les deux capitaines français de sa flotte ne retournassent à la Tortue. 

Textes de Raynald Laprise

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